The timing of visual speech modulates auditory neural processing

Comment la durée des mouvements visuels articulatoires influence-t-elle les traitements corticaux auditifs lors de la perception audiovisuelle de la parole ?

 Marc Sato, chargé de recherche CNRS au LPL, vient de publier un article dans la revue Brain and Language portant sur les mécanismes prédictifs mis en œuvre lors de la perception audiovisuelle de la parole et l’influence de la durée des mouvements visuels articulatoires précédant le signal acoustique sur les traitements corticaux auditifs ultérieurs.

Référence : Marc Sato. The timing of visual speech modulates auditory neural processing. Brain and Language, 2022, 235: 105196 (https://doi.org/10.1016/j.bandl.2022.105196).

L'article est disponible en texte intégral dans les ressources en ligne de la BU AMU (compte d'utilisateur ENT AMU requis).

Résumé :
Les informations visuelles issues des mouvements articulatoires d’un locuteur permettent d'affiner le traitement neuronal auditif et d'améliorer la reconnaissance de la parole. Dans cette étude en électro-encéphalographie, les participants devaient reconnaitre des syllabes présentées audiovisuellement et différant uniquement par la durée des mouvements visuels préphonatoires précédant le signal acoustique. Malgré des taux de reconnaissance similaires, une modulation de l'amplitude des réponses évoquées auditives, directement fonction de la durée des mouvements visuels, a été observée. Ces résultats soulignent l’importance de mécanismes prédictifs lors de la perception audiovisuelle de la parole, la durée des gestes préphonatoires visuels influençant de manière quasi-linéaire les traitements neuraux acoustico-phonétiques ultérieurs.

 

Crédits d'image : Marc Sato / LPL

Défis et nouvelles perspectives pour la pratique de l’EEG chez l’enfant

Dans le cadre du projet 80PRIME « LangDev » et de la thèse d’Estelle Hervé, un beau travail de revue autour de l’électro-encéphalographie chez le bébé vient d’être publié dans la prestigieuse revue NeuroImage. L’article propose un aperçu des défis et des solutions, techniques et méthodologiques, nécessaires pour utiliser au mieux l’EEG dans les recherches sur le développement cognitif précoce. D’autres collègues ont contribué à la publication, comme Clément François, chargé de recherche CNRS au LPL et co-directeur de la thèse d’Estelle.

Référence : Estelle Hervé, Giovanni Mento, Béatrice Desnous, Clément François. Challenges and new perspectives of developmental cognitive EEG studies. NeuroImage, 2022, pp.119508.

L’article en texte intégral (éditeur) : https://doi.org/10.1016/j.neuroimage.2022.119508
L’article sur HAL : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03737844

Troubles de la parole dans la maladie de Parkinson

Serge Pinto, directeur de recherche CNRS et directeur adjoint du LPL, vient de publier en collaboration avec Adelheid Nebel, Jörn Rau, Robert Espesser (anc. LPL), Günther Deuschl et d’autres chercheur.e.s internationaux un nouvel article dans la revue Movement Disorders, un des organes principaux de la International Parkinson and Mouvement Disorder Society. Y ont contribué par ailleurs également Marie-Charlotte Cuartero et Alain Ghio pour le LPL.

Article en accès libre : https://movementdisorders.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/mds.29282

Résumé :
L’essai clinique EARLYSTIM a démontré que pour les patients atteints de la maladie de Parkinson présentant des complications motrices précoces, la stimulation cérébrale profonde du noyau sous-thalamique (STN-DBS) proposée plus tôt que lors d’une maladie classiquement plus avancée, permettait une prise en charge efficace et supérieure à celle du traitement médicamenteux optimal. L’étude anciliaire EARLYSTIM-SPEECH a comparé l’intelligibilité de la parole, en aveugle, entre les 2 types de traitement sur 2 ans ; les critères de jugement secondaires comprenaient les mesures du temps maximal de phonation, d’une diadochocinésie orale, et évaluations rapportées par le neurologue et le patient. À ce stade précoce de la maladie, la STN-DBS n’a pas entraîné de détérioration significative de l’intelligibilité de la parole et de la gêne communicationnelle rapportée par le patient, à l’inverse de ce qui a été observé dans les études sur la maladie de Parkinson à un stade plus avancé.

La revue Etudes créoles en accès libre sur OpenEdition !

Nous avons le grand plaisir de vous annoncer la parution d'Etudes créoles sur la plateforme de revues en ligne OpenEditionhttps://journals.openedition.org/etudescreoles.

La revue Études créoles publie des analyses linguistiques des langues créoles ainsi que de l’histoire, de l’anthropologie, des littératures et des cultures des mondes créoles.

Elle a été publiée en version papier à l'Université de Provence de 1978 à 2010. Depuis 2015, elle est éditée par le Laboratoire Parole et Langage, UMR du CNRS et d'Aix-Marseille Université, dans une version électronique en accès libre.

Après l'acceptation de sa candidature auprès d'OpenEdition et l'obtention d'une subvention du Fonds national pour la science ouverte en 2021, nous avons pu effectuer la transition vers OpenEdition. Grâce à son nouvel hébergement, la revue bénéficiera désormais d'un référencement optimal.

Nous vous souhaitons une bonne lecture et nous espérons avoir de nouvelles soumissions d'articles.

L'équipe de rédaction d'Etudes créoles

Un guide pour l’écriture à l’école

Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution du livre La grammaire pour écrire, co-écrit par Marie-Noëlle Roubaud, professeure emeritus AMU et rattachée au LPL.

Référence : Mélissa Béchour, Claudine Garcia-Debanc, Marie-Noëlle Roubaud (2022). La grammaire pour écrire – CE2 et Cycle 3. Retz, Coll. Guide pour enseigner.

Lien vers le site de l’éditeur : La grammaire pour écrire – CE2 et cycle 3 (+ ressources numériques) – Ouvrage bi-média (editions-retz.com)

Ce que le rire des bébés nous apprend sur leur développement cognitif

Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution du dernier article de Chiara Mazzocconi (ILCB/LPL) – en tant que première auteure – et Jonathan Ginzburg (LLF Paris) dans le Journal of Nonverbal Behavior :

Mazzocconi, C., Ginzburg, J. A Longitudinal Characterization of Typical Laughter Development in Mother–Child Interaction from 12 to 36 Months: Formal Features and Reciprocal Responsiveness. J Nonverbal Behav (2022). https://doi.org/10.1007/s10919-022-00403-8

Accès en texte intégral : https://rdcu.be/cTdZe

Résumé :
Dans notre étude, nous avons examiné le développement du rire dans l’interaction naturelle mère-enfant de 12 à 36 mois. Nous avons montré que les bébés rient moins que les mères (et les adultes plus généralement) et que la responsivité au rire des mères augmente avec le temps. D’autre part, nous observons que les mères renforcent le rire de l’enfant de la même manière que d’autres vocalisations pre-langagières, et adaptent leurs réponses contingentes au stade de développement de l’enfant. Notre étude montre l’importance du rire dans les interactions précoces en soulignant comment sa production et la responsivité au rire des autres peuvent être informatives sur le développement neuro-psychologique des bébés.

Bon à savoir : Chiara proposera une mini-conférence autour de ce thème de recherche lors de la Journée portes ouvertes du LPL le samedi 15 octobre prochain ! 😉

 

Image par micaelafioti de Pixabay

Hétérogénéité, différenciation et contextualisation en français langue étrangère et seconde

La revue « Le français dans le Monde : Recherches et Applications » – le périodique de l’Association internationale des professeurs de français – vient de sortir son dernier numéro 72 coordonné par Catherine David et Amélie Leconte, toutes deux maîtresses de conférences à AMU et membres du LPL.

Parmi les auteurs, de nombreux collègues du LPL ont apporté une contribution au semestriel dédié ici à la thématique « Hétérogénéité, différenciation et contextualisation en français langue étrangère et seconde » : Marion Tellier, Bingjie Yun, Marco Cappellini, Paul Pouzergues, Emilie Lebreton, Amélie Leconte, Catherine David.

Le sommaire : https://www.fdlm.org/wp-content/uploads/2022/07/sommaire-RA72_001-184_BAT_MEP.pdf

La revue : https://www.fdlm.org/supplements/recherches-et-applications/recherches-et-applications-n72/

S’écouter ou se regarder parler

Marc Sato, chargé de recherche CNRS au LPL, vient de publier un article dans la revue Cortex portant sur l’influence distincte des processus prédictifs moteurs et visuels sur les traitements corticaux auditifs lors de la production et perception de la parole.

Référence :  Marc Sato. Motor and visual influences on auditory neural processing during speaking and listening. Cortex, 2022, 152, 21-35 (https://doi.org/10.1016/j.cortex.2022.03.013)

Vous trouverez le texte intégral de l’article sous ce lien direct ou en effectuant une recherche via l’interface de recherche AMU.

Résumé :

Que ce soit lors de la production ou de la perception audiovisuelle de la parole, des processus prédictifs moteurs endogènes ou visuels exogènes sont traditionnellement considérés comme jouant un rôle clé dans les processus auditifs corticaux de décodage acoustico-phonétique. Cette étude en électroencéphalographie avait pour objectif de déterminer et comparer l'influence respective de ces deux effets prédictifs endogènes et exogènes sur les réponses corticales auditives. Pour ce faire, il était demandé aux participants de produire à haute voix des voyelles puis d’écouter passivement leurs productions précédemment enregistrées, ces deux tâches étant réalisées avec ou sans retour visuel. En accord avec la littérature, les résultats montrent une réduction d’amplitude des réponses évoquées auditives lors de la production de parole ce, indépendamment du feedback visuel. Par contraste, l'ajout de mouvements visuels orofaciaux au signal acoustique de parole a réduit la latence des réponses évoquées auditives, indépendamment de la tâche motrice ou perceptive. Pris ensemble, ces résultats suggèrent des influences motrices et visuelles, de suppression et de facilitation neurale, fonctionnellement distinctes sur les traitements corticaux auditifs lors de la production et perception de la parole.

Cette étude a été réalisée au Centre d’Expérimentation de la Parole et entièrement financée par l’équipe Ready du Laboratoire Parole et Langage (coût total de 240€ pour le dédommagement des participants ; utilisation du matériel mutualisé du CEP et du LPL et de logiciels libres).

 

Crédits photos : Antoine Doinel

Choisit-on ses mots en fonction de l’interlocuteur (même quand ce dernier est un robot) ?

En tant que 1ère auteure, Giusy Cirillo (Doctorante LPL/ILCB) vient de publier en collaboration avec d’autres membres du LPL et de l’Université de Barcelone un article dans la revue Cognition portant sur l'alignement inter-individuel dans la communication parlée.

Référence :

Giusy Cirillo, Elin Runnqvist, Kristof Strijkers, Noël Nguyen, Cristina Baus. Conceptual alignment in a joint picture-naming task performed with a social robot. Cognition, Elsevier, 2022, 227, p. 105213. 10.1016/j.cognition.2022.105213

Article en texte intégral : https://authors.elsevier.com/a/1fMPm2Hx2pivT

 

Résumé :

Dans cette étude, nous avons cherché à savoir dans quelle mesure l'alignement s'opère à un niveau pré-linguistique, et plus spécifiquement au niveau des concepts que l'on se prépare à faire passer dans le message.

Dans l'expérience, chaque participant accomplissait une tâche de dénomination d'image conjointe, avec le robot social Furhat qui servait de partenaire au participant. Pour chaque image présentée, un indice de couleur indiquait si l'image devait être dénommée par le participant ou par le robot.

On sait que lorsque nous devons dénommer des objets, nous avons une préférence claire pour les noms associés au niveau de base. Par exemple, lorsqu'on voit apparaître l'image d'un chien que nous n'avons encore jamais vu, nous avons tendance à répondre « chien » plutôt que « mammifère », « animal » ou encore « Médor ». C'est cette tendance que nous avons entrepris de manipuler.

Pour une partie des images, nous avons fait dire à Furhat un terme atypique renvoyant à la catégorie super-ordonnée (exemple : « mammifère » plutôt que « chat »). La question que nous avons soulevée est la suivante : En voyant apparaître un animal différent (exemple : un ours), qu'allait faire le participant ? Allait-il dire « ours » ou bien « mammifère » ? Les résultats ont montré que le participant avait tendance à opter lui aussi pour le terme renvoyant à la catégorie super-ordonnée (« mammifère »).

Ces résultats indiquent ainsi que, dans une tâche de dénomination d'image conjointe conjointe, l'alignement avec le partenaire va au-delà de la forme des mots et s'étend jusqu'au niveau conceptuel.

 

Crédits photo : Giusy Cirillo

Cours, cœur, corps au temps du Covid ou comment maintenir le lien à distance

Catherine David et Marion Tellier (LPL/AMU) viennent de publier un article dans le dernier numéro de la revue Les Langues Modernes qui propose des retours d’expériences et des solutions d’adaptation pour l’enseignement des langues en temps de confinement.

 Référence :
Catherine David, Marion Tellier. Cours, cœur, corps au temps du Covid ou comment maintenir le lien à distance. Les Langues Modernes, Association des professeurs de langues vivantes (APLV), 2021, Confinement et enseignement-apprentissage des langues - 1. Confinement et langues : choc collectif et solutions, 4 (1). ⟨hal-03693203⟩

Article en texte intégral : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03693203
Le site Web de la revue : https://www.aplv-languesmodernes.org/spip.php?article9374

Résumé : L’épisode Covid nous a confinés derrière nos écrans bouleversant ainsi la dynamique et l’ambiance de classe. Nous avons œuvré pour maintenir le lien créé auparavant malgré ou grâce à la distance. Cet article relate une expérience vécue auprès d’étudiants multilingues dans des cours de FLE à l’Université d’Aix-Marseille pendant la période de confinement du printemps 2020. Il questionne l’utilisation des ressources multimodales pour garder le contact, enrichir les échanges et stimuler le plaisir d’apprendre ensemble. Il est structuré en trois parties : 1) la question de la scénarisation en ligne, 2) le maintien de la dynamique de groupe et 3) la place du corps et des sensations à l’écran.

 

Crédit images : Visioconférence photo créé par DCStudio - fr.freepik.com