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Interactions

equipe.interaction(at)lpl-aix.fr


Les modèles linguistiques du fonctionnement du langage se sont traditionnellement basés sur des exemples linguistiques obtenus en situations contrôlées, assez éloignés de la réalité du langage courant. Dans la dernière décennie (et notamment dans notre laboratoire), de nouveaux travaux ont cherché à décrire le langage dans un contexte plus naturel, et en particulier celui de la conversation. Ces études ont porté sur des descriptions concernant plusieurs domaines linguistiques ainsi que leurs interactions : phonétique, prosodie, syntaxe, sémantique, pragmatique, mimo-gestuel, etc. Dans ce contexte, le projet de l’équipe vise à l’élaboration d’un modèle du langage plaçant l’interaction au coeur de la question des structures linguistiques. Les interactions conversationnelles sont de plus décrites en étroite relation avec la manière dont le langage est traité dans le cerveau du locuteur. Pour répondre à cet objectif, plusieurs thématiques centrales seront abordées. Il s’agira, en continuité avec le projet du précédent quinquennal :
1) D’étudier des phénomènes apparaissant spécifiquement lors d’une interaction entre locuteurs (e.g. backchannels, imitation et convergence aux niveaux phonétique et discursif), afin d’analyser l’interaction entre les différents domaines linguistiques et de comprendre quelles unités linguistiques (e.g. unités prosodiques, syntaxiques, mimogestuelles) sont les plus pertinentes pour refléter ces interactions. Cette proposition comportera des aspects descriptifs de la parole en interaction. L’étude de ces phénomènes permettra aussi de clarifier le rôle du common ground des interlocuteurs dans l’interaction. Certains auteurs lui accordent un rôle privilégié, la conversation étant vue comme la collaboration des interlocuteurs visant la construction d’un savoir partagé en fonction des connaissances et croyances de l’autre. D’autres lui accordent au contraire un rôle restreint aux situations d’incompréhension entre les interlocuteurs. L’humour et l’ironie seront des questions privilégiées pour comprendre ce rôle du common ground et pour une analyse plus globale du (dys)fonctionnement des interactions conversationnelles.
2) D’élargir nos connaissances sur la façon dont le langage et les activités communicatives sont caractérisés par la situation d’interaction. Par exemple, il s’agit d’étudier les caractéristiques des actes de langage dans les interactions conflictuelles, ou les spécificités de la communication exolingue en termes d’adaptation de la gestuelle ou de production de séquences d’étayage. L’interaction est également réinterrogée dans sa multimodalité par l’introduction du numérique, qu’il s’agisse d’artefacts (e.g. les tablettes numériques en classe de langue), d’environnements (e.g. la réalité virtuelle ou les réseaux sociaux) ou encore d’interfaces (e.g. systèmes de dialogue, agents conversationnels). Il s’agira de dégager les caractéristiques de l’interaction, notamment en fonction des ressources sémiotiques des environnements et de leur perception. Différentes approches seront utilisées, allant de l’expérimentation à l’observation participante, des gesture studies à l’analyse du discours médiatisé ou la communication homme-machine.
Enfin, de ces études découleront de nouvelles applications, notamment didactiques (formation de formateurs, formation en langues, formation aux techniques de communication).
3) De développer des outils et des méthodes pour l’analyse, l’exploration et l’annotation des données mono- ou multimodales. Cela implique deux mouvements complémentaires. D’une part, il faudra modéliser la réalité de l’interaction afin de capturer la variabilité des données et permettre l’apprentissage automatique à partir d’échantillons de la langue. D’autre part, il s’agira de proposer des stratégies et des outils d’annotations (automatiques, semi-automatiques, manuelles), de représentation, d’interrogation, d’extraction, de classification des données multi-annotées, en considérant les questions de la synchronisation, de la fusion des données. Ces travaux intègreront également une dimension multilingue. Cette équipe bénéficie : de la complémentarité des méthodes utilisées (e.g. analyse de corpus, expérimentation chez le sujet sain, chez des patients présentant un déficit affectant les interactions) ; de la diversité des interactions considérées (e.g. interactions didactiques, interactions conversationnelles) ; des champs d’expertise des membres couvrant les différents domaines linguistiques et l’étude des différentes modalités.


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Responsable(s)

Marco CAPPELLINI
Maud CHAMPAGNE-LAVAU

Membres statutaires

Roxane BERTRAND
Brigitte BIGI
Philippe BLACHE
Lela BOUTORA
Christelle COMBE CELIK
Catherine DAVID-LODOVICI
Isabelle GUAITELLA
Christine MEUNIER
Nol NGUYEN
Batrice PRIEGO-VALVERDE
Stphane RAUZY
Christina ROMAIN
Marion TELLIER

Chercheurs associés

Nomie MOREAU

Doctorants

Leonardo BARON- BIRCHENALL
Emmanuele CHERSONI
Natacha CORDONIER
Aurlie GOUJON (en codir.)
Cline HIDALGO (en codir.)
Benjamin HOLT (en codir.)
Elora (Laura) RIVIRE
Emmanuelle TACHE (en codir.)

Membres non statutaires

Raja BENSALEM
Anna MARCZYK-BUKLAHA (postdoc)
Houda OUFAIDA
Camille ROBIEUX
Jorane SAUBESTY