18 December 2018

Soutenance de Eva Dittinger

La prochaine soutenance aura lieu le 18 décembre prochain...

Eva DITTINGER

soutiendra sa thèse de doctorat en neurosciences intitulée
“From auditory perception to memory: musicianship as a window into novel word learning”

le mardi 18 décembre 2018 à 10h00
à l’espace Pouillon (Faculté St Charles)

La soutenance sera suivie d’un petit buffet. Pour des raisons d’organisation, merci de confirmer votre présence à eva.dittinger@blri.fr le plus tôt possible.

Membres du jury :
Minna HUOTILAINEN University of Helsinki. Rapporteure
Martin MEYER University of Zürich. Rapporteur
Cheryl FRENCK-MESTRE CNRS & Aix-Marseille Université. Examinatrice
Corine ASTESANO Université de Toulouse. Examinatrice
Mariapaola D’IMPERIO CNRS & Aix-Marseille Université. Co-Directrice de thèse
Mireille BESSON CNRS & Aix-Marseille Université. Directrice de thèse

Résumé
L’entrainement musical intensif améliore la perception auditive, ainsi que l’attention auditive, la mémoire de travail et la mémoire verbale, les fonctions exécutives et l’intelligence générale. Les avantages liés à la formation musicale transfèrent également à différents niveaux du traitement linguistique. Cependant, l’impact de la formation musicale au niveau sémantique n’a jamais été étudié.

Le but de ce travail est double : premièrement, déterminer si la formation musicale facilite l’apprentissage de nouveaux mots. Considérant que, dans notre monde interconnecté, de nouveaux mots doivent être acquis à tous les âges, nous avons cherché à comprendre comment les effets potentiels du transfert de la formation musicale à l’apprentissage des mots changent au long de la vie. Ayant démontré un impact positif, le deuxième but était de mieux comprendre l’origine de cet effet et de déterminer si les musiciens ont une meilleure mémoire à long terme pour les mots nouveaux que les non-musiciens.

En lien avec notre premier but, les participants (enfants d’âge scolaire, adultes jeunes et plus âgés, avec ou sans formation musicale) ont effectué une série d’expériences : ils catégorisaient des nouveaux mots avec des phonèmes initiaux natifs ou non, ils apprenaient le sens des nouveaux mots grâce à des associations images-mots, et ils étaient testés pour l’apprentissage des mots et leur intégration dans les réseaux sémantiques. Les jeunes musiciens professionnels distinguent mieux les phonèmes non-natifs que les non-musiciens, avec des différences plus importantes dans l’activité cérébrale, suggérant qu’une perception auditive fine est une première étape importante pour un meilleur apprentissage des mots. De plus, comparés aux non-musiciens, les enfants et les jeunes adultes musiciens montrent un développement plus rapide de la composante N400 pendant la phase d’apprentissage, un niveau de performance plus élevé et des N400s plus amples pour les mots inattendus que pour les mots attendus (effets N400) pendant la phase de test. En revanche, les résultats chez les adultes âgés n’étaient pas aussi clairs, suggérant que la formation musicale a un impact limité pour contrecarrer les effets délétères du vieillissement cognitif. Enfin, les jeunes musiciens montrent une augmentation de connectivité fonctionnelle dans les voies ventrales et dorsales au cours de l’apprentissage des mots, ce qui suggère que la formation musicale modifie l’architecture fonctionnelle des réseaux impliqués dans le traitement sémantique et l’intégration sensorimotrice.

En lien avec notre deuxième but, nous avons modifié notre protocole expérimental afin de neutraliser la contribution de l’attention et de la perception auditives. Dans ces conditions, les non-musiciens sont aussi performants que les musiciens (jeunes adultes) lorsqu’ils sont testés immédiatement après avoir appris. Mais un mois plus tard, les musiciens ont une meilleure mémoire à long terme des mots nouveaux et des effets N400 plus amples que les participants de contrôle. Ces résultats révèlent, qu’ajoutée à une meilleure perception et attention auditives, l’amélioration de la mémoire à long terme chez les musiciens serait l’un des facteurs déterminant l’avantage du musicien dans l’apprentissage des nouveaux mots. Théoriquement, montrer des effets de transfert de la formation musicale vers le niveau sémantique et la mémoire à long-terme révèle l’importance des fonctions cognitives générales et remet en question les vues modulaires de l’organisation anatomo-fonctionnelle des fonctions cérébrales.

Pris dans leur ensemble, ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives d’éducation en montrant qu’une formation musicale précoce peut faciliter l’apprentissage des langues étrangères. Ils offrent également de nouvelles possibilités de rééducation, par un parcours musical, aux personnes ayant des troubles du langage.

18 December 2018, 00h0000h00
L’espace Pouillon, AMU, Faculté St Charles, Marseille

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