Interactions

Objectifs scientifiques

Les modèles linguistiques du fonctionnement du langage se sont traditionnellement basés sur des exemples linguistiques obtenus en situations contrôlées, assez éloignés de la réalité du langage courant. Dans la dernière décennie, de nouveaux travaux ont cherché à décrire le langage dans un contexte plus naturel, et en particulier celui de la conversation. Ces études ont porté sur des descriptions concernant plusieurs domaines linguistiques ainsi que leurs interactions: phonétique, prosodie, syntaxe, sémantique, pragmatique, mimo-gestuel.

Dans ce contexte, le projet de l'équipe vise à l'élaboration d'un modèle du langage plaçant l'interaction au coeur de la question des structures linguistiques. Dans notre approche, les interactions conversationnelles sont de plus décrites en étroite relation avec la manière dont le langage est traité dans le cerveau du locuteur. Pour répondre à cet objectif, plusieurs thématiques centrales seront abordées. Il s'agira, en continuité avec le projet du précédent quinquennal :

(1) D'étudier des phénomènes apparaissant spécifiquement lors d'une interaction entre locuteurs (e.g. backchannels, imitation et convergence aux niveaux phonétique et discursif), afin d'analyser l'interaction entre les différents domaines linguistiques et de comprendre quelles unités linguistiques (e.g. unités prosodiques, syntaxiques, mimo-gestuelles) sont les plus pertinentes pour refléter ces interactions. Cette proposition comportera des aspects descriptifs de la parole en interaction. L'étude de ces phénomènes permettra aussi de clarifier le rôle du common ground des interlocuteurs dans l'interaction. Certains auteurs lui accordent un rôle privilégié, la conversation étant vue comme la collaboration des interlocuteurs visant la construction d'un savoir partagé en fonction des connaissances et croyances de l'autre. D'autres lui accordent au contraire un rôle restreint aux situations d'incompréhension entre les interlocuteurs. L'humour et l'ironie seront des questions privilégiées pour comprendre ce rôle du common ground et pour une analyse plus globale du (dys)fonctionnement des interactions conversationnelles.

(2) D'élargir nos connaissances sur la façon dont le langage et les activités communicatives sont caractérisés par la situation d'interaction. Par exemple, il s'agit d'étudier les caractéristiques des actes de langage dans les interactions conflictuelles, ou les spécificités de la communication exolingue en termes d'adaptation de la gestuelle ou de production de séquences d'étayage. L'interaction est également réinterrogée dans sa multimodalité par l'introduction du numérique, qu'il s'agisse d'artefacts (e.g. les tablettes numériques en classe de langue), d'environnements (e.g. la réalité virtuelle ou les réseaux sociaux) ou encore d'interfaces (e.g. systèmes de dialogue, agents conversationnels). Il s'agira de dégager les caractéristiques de l'interaction, notamment en fonction des ressources sémiotiques des environnements et de leur perception. Différentes approches seront utilisées, allant de l'expérimentation à l'observation participante, des gesture studies à l'analyse du discours médiatisé ou la communication homme-machine. Enfin, de ces études découleront de nouvelles applications, notamment didactiques (formation de formateurs, formation en langues, formation aux techniques de communication).

(3) De développer des outils et des méthodes pour l'analyse, l'exploration et l'annotation des données mono- ou multimodales. Cela implique deux mouvements complémentaires. D'une part, il faudra modéliser la réalité de l'interaction afin de capturer la variabilité des données et permettre l'apprentissage automatique à partir d'échantillons de la langue. D'autre part, il s'agira de proposer des stratégies et des outils d'annotations (automatiques, semi-automatiques, manuelles), de représentation, d'interrogation, d'extraction, de classification des données multi-annotées, en considérant les questions de la synchronisation, de la fusion des données. Ces travaux intègreront également une dimension multilingue.


Membres de l’équipe Interactions

Mary AMOYAL – Doctorant
Leonardo BARON- BIRCHENALL – Doctorant
Raja BENSALEM – Jeune docteur ayant soutenu
Roxane BERTRAND – Chargé de recherche
Brigitte BIGI – Chargé de recherche
Philippe BLACHE – Directeur de recherche, Directeur Labex BLRI,
Leïla BOUTORA – Maître de conférences
Marco CAPPELLINI – Maître de conférences
Maud CHAMPAGNE-LAVAU – Directeur de recherche
Emmanuele CHERSONI – Jeune docteur ayant soutenu
Giusy CIRILLO – Doctorant
Christelle COMBE CELIK – Maître de conférences
Natacha CORDONIER – Doctorant
Catherine DAVID-LODOVICI – Maître de conférences
Sandrine ESCHENAUER – Maître de conférences
Aurélie GOUJON – Doctorant en codirection
Isabelle GUAITELLA – Chargé de recherche
Céline HIDALGO – Doctorant en codirection
Benjamin HOLT – Jeune docteur ayant soutenu
Christine MEUNIER – Chargé de recherche
Noémie MOREAU – Chercheur associé
Noël NGUYEN – Professeur, Directeur-adjoint chargé de la Recherche, Faculté des Arts, Lettres, Langues et Sciences Humaines, Aix-Marseille Université,
Houda OUFAIDA – Jeune docteur ayant soutenu
Béatrice PRIEGO-VALVERDE – Maître de conférences
Stéphane RAUZY – Ingénieur de recherche
Elora (Laura) RIVIERE – Doctorant
Camille ROBIEUX – Jeune docteur ayant soutenu
Christina ROMAIN – Maître de conférences
Jorane SAUBESTY – Jeune docteur ayant soutenu
Emmanuelle TACHE – Jeune docteur ayant soutenu
Marion TELLIER – Maître de conférences
Tong YANG – ATER